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Sweet Pea

Logo MiniMarcel Buhannic retrace ici l'histoire de l’équipage du bombardier « Sweet pea », une forteresse volante américaine tombée quelque part au large de St-Jean Trolimon le 6 mars 1943, lors de son retour d'une mission de bombardement de la base sous-marine de Lorient. Depuis la chute du bombardier jusqu'au retour en Angleterre du capitaine Ryan, 40 jours après le crash, Marcel Buhannic détaille l'aventure hors du commun de ces américains perdus sur le sol français. La plupart seront capturés, un des membres de l'équipage sera froidement abattu dès son arrivée au sol. Seul Ryan, le capitaine, parviendra à regagner l'Angleterre...

La création du 306e groupe de bombardement

Le 11 décembre 1941, après l'attaque surprise du Japon contre la base américaine de Pearl Harbour dans le Pacifique, l'Allemagne, liée par un traité d'alliance mutuelle avec les Japonais, déclare la guerre au Etats-Unis. Aussitôt la machine de guerre américaine se met en marche. La huitième armée de l’US Air Force est créée le 1er mars 1942 sur la base américaine de Salt Lake City dans l’UTAH. Le 306e groupe de bombardement, comprend quatre escadrons de 10 avions chacun. Dès le 6 avril 1942 il rejoint la Base de Vendover dans l’Utah, et démarre son entraînement en vol sur les B 17 (forteresse volante). Le bombardier B 17 F 42–5130 fait partie du 365e escadron surnommé : « les pigeons d’argile ». À partir du 1er août 1942, les appareils commencent à faire mouvement vers l'Angleterre.     b17 Mini   Le 13 août 1942, le personnel de base du groupe embarque sur le paquebot Queen Elizabeth, aménagé en transport de troupes, et arrive en Écosse le 5 septembre 1942. Dès le 17 août 1942, à partir de la base de Thurleigh alors exploité par la RAF, à 35 km à l'ouest de Cambridge, c'est la première mission de bombardements sur le continent : 12 B17 escortés par des Spitfire attaquent le port de Rouen et y déversent 16 tonnes de bombes. Par la suite, les missions se succèdent sans relâche. Le 306e groupe est le premier groupe à attaquer un objectif stratégique en Allemagne et aussi le premier à accumuler 300 missions au-dessus de l'Europe occupée. Certaines d'entres-elles seront particulièrement meurtrières pour les appareils et les équipages.

Le B 17, un avion de légende.

Le Boeing B17 est l’un des bombardiers alliés le plus connu de la seconde guerre mondiale. Il a été construit en 12677 exemplaires. Ses principales caractéristiques sont les suivantes :

  • Constructeur : Boeing (avec Douglas et Lockheed en période de pointe)
  • Mise en service : Avril 1938
  • Cout unitaire : 314 400 $ en 1942 (valeur actualisée : 4 100 000 €)
  • Propulsion : quatre moteurs de 1200 chevaux. Neuf cylindres en étoile.
  • Consommation totale : 750 l /h
  • Envergure : 31,62 m
  • Longueur : 22,66 m
  • Hauteur : 5,80 m
  • Poids à vide : 16 390 kg
  • Poids avec armement : 24 495 kg
  • Vitesse maximale : 462 km/h
  • Plafond : 10 850 m
  • Rayon d'action aller-retour : 1 610 km
  • Armement : 13 mitrailleuses de 12,7 mm

4700 exemplaires, soit un peu plus du tiers des B17 construits, seront perdus au combat. Malgré cela la robustesse des B17 est appréciée par des équipages car ils savent qu'ils arriveront à rentrer à bon port, même après avoir encaissé de gros dommages (1).
(1) Voir ici, l'état de délabrement d'un autre B17 « Sweet Pea » à son retour de mission

Des US à l'Angleterre

Sweet pea bapteme Mini1942 marque l'arrivée en masse sur le sol britannique des unités américaines en prévision du débarquement sur le continent, et conduit inévitablement à perturber la quiétude de la campagne anglaise, surtout dans le sud du pays qui a déjà accueilli beaucoup de réfugiés des grandes villes bombardées par les raids allemands. Aussi la Croix Rouge et le journal « Stars an Stripes », organe officiel des forces armées américaines, oeuvrent-ils pour que l'entente la plus cordiale s'installe entre les civils et militaires américains, malgré les nuisances inévitables dûes aux travaux d’adaptation de la piste d'atterrissage pour l'arrivée des avions américains. Des visites, des goûters, et des soirées récréatives sont organisées pour les enfants et les familles en vue de maintenir un contact chaleureux. Un fond de secours américain pour les orphelins de guerre anglais est également constitué et toutes les unités américaines qui réussissent à collecter 100 livres dans leurs rangs, peuvent alors adopter un orphelin pour un an. L'escadron du B17. 42–5230 se porte candidat et adopte pour mascotte la petite anglaise Maureen, une blondinette de trois ans qu'ils surnomment Sweet Pea (pois de senteur). Le 20 décembre 1942, la petite Sweet Pea, revêtue d’un uniforme de l’US Air Force adapté à sa taille et du calot réglementaire, baptise le quadrimoteur tout neuf en trempant ses doigts dans une peinture rouge et en les appliquant ensuite sur l’une des pâles de l'hélice du moteur numéro quatre. C'est ainsi que le B 17 F 42–5130 devint lui aussi « Sweet Pea ».

L'équipage participant à la mission

Départ de la base de Thurleigh, Bedfordshire (35 km à l'ouest de Cambridge), objectif : Lorient.
10 aviateurs constituent équipage de Sweet Pea

  • Pilote : capitaine John L. Ryan surnommé Jack. Professeur de français. 26 ans. parle couramment le français et allemand.
  • Copilote : Lieutenant Gérald L. Simmons
  • Navigateur : Lieutenant Robert B. Hermann
  • Bombardier : Lieutenant James A. Laine
  • Mécanicien navigant (1) : sergent Glenn A. Blakemore
  • Radio : sergent E. Charles Perry
  • Mitrailleur tourelle ventrale : sergent James C Greene
  • Mitrailleur sabord gauche : sergent John R. Chapman
  • Mitrailleur sabord droit : sergent Robert G. Mumaw
  • Mitrailleur de queue : sergent William B. Forrester

(1) Le mécanicien navigant servait la mitrailleuse de la tourelle supérieure

La mission sur Lorient le 6 mars 1943

1942 les sous-marins allemands ont nettement accentué leurs attaques contre les cargos ravitaillant l’Angleterre, cherchant ainsi à gagner la bataille de l'Atlantique. Janvier 1943, sous l'impulsion de Churchill, le comité de défense à Londres décide d'amplifier les actions contre toutes les bases de sous-marins du littoral français. Lorient, déjà en ruine à la suite de bombardements répétés, subit une nouvelle attaque le 6 mars 1943.
Roger Uguen, dans son ouvrage la Bretagne dans la bataille de l’Atlantique donne les précisions suivantes :
Le 6 mars 1943, les ruines de Lorient et la base de Keroman firent l'objet d'une nouvelle attaque de la part de la huitième US Air Force. En début d'après-midi, 65 B17 y participèrent alors qu'une demi-heure plutôt 15 B24 Libérator menaient une diversion sur Brest où un pont et la base sous-marine étaient visés de manière à y attirer le maximum de chasseurs allemands. Ce nouveau bombardement de Lorient par les Américain fut très violent avec l'emploi de projectiles explosifs puissants. 325 bombes de 1000 livres GP pour un total de 162,5 tonnes détruisirent 990 nouveaux immeubles. 3 B17 furent perdus : 1 unités du 303e BG et 2 unités du 306e BG. (Sweet Pea est l’un des deux derniers cités)

L'historique de l'escadron 337 précise :

La centrale électrique de Lorient constituait l'objectif et nous avons fourni cinq appareils dont Sweet Pea piloté par le capitaine Ryan John Léonard. Il faisait beau et les résultats du bombardement furent excellents. L'appareil du capitaine Ryan a été touché par la Flak immédiatement après avoir quitté la cible et le capot de son moteur numéro trois s'est arraché. L'appareil était encore sous contrôle au moment où nous l'avons quitté. Plusieurs équipages ont signalé que l'appareil du capitaine Ryan a abattu un chasseur allemand FW 190 avant de quitter la cible.

Le rapport d'évasion du capitaine Ryan :

Nous avons quitter Thurleigh À 9h45 le 6 mars 1943 pour bombarder Lorient. Nous avons abordé la cible à une altitude de 700 m et la flak était très active.

Une explosion a mis hors service notre moteur numéro trois et détruit les commandes moteur. Je n'ai pas pu mettre l’hélice en drapeau et le moteur s'est mis à vibrer intensément. Nous avons été touché juste avant de larguer nos bombes. Nous avons tourné à gauche après le passage sur l'objectif est volé encore 50 km au-dessus de la mer avec le reste de la formation. Les vibrations du moteur numéro trois ce sont amplifiées et l'hélice a été arrachée, Elle a heurté la carlingue est endommagé le pare brise. Le copilote a été blessée au visage.

Ne pouvions plus suivre la formation. Le capitaine Draper qui conduisait le dernier élément est arrivé à mon niveau il m'a dépassé ; j'ai réalisé qu'il me serait impossible d'atteindre l'Angleterre. 

  Mes moteurs tournaient à plein régime. Ma réserve de carburant était insuffisante pour rentrer. J'ai quitté la formation en virant à droite en direction de la péninsule de Quimper. 


Fichier 2L'appareil à très vite commencer à perdre de l’attitude. La vitesse augmentant, j'ai sorti le train d'atterrissage pour ralentir la descente. Après avoir émis le signal d'alarme, j'ai ordonné à l'équipage de ne pas sauter avant que nous ayons franchi la côte et d'attendre mon ordre avant de le faire. Nous avons atteint la côte à 1200 m environ à l’aplomb du Guilvinec. J'ai ensuite attendu qu'on soit au moins à 3 km à l'intérieur des terres pour donner l'ordre d'évacuation.  

  Avant nous avions été attaqué par des chasseurs allemands à deux reprises ; le premier est arrivé par l'arrière et je ne l'ai pas vu, le second par l'avant à 11 heures. Il a été abattu par le sergent Blackmore qui servait à la tourelle supérieure. Les français me l'on confirmé ultérieurement.

Nous avons commencé à sauter à 1200 m environ, l'avion volait à 350 km/h. Le sergent a sauté le premier et je suis sorti le dernier. Avant de sauter, je me suis rendu dans le nez de l'appareil qui était vide, je suis repassé dans le cockpit où j'ai poussé la manette du pilote automatique sur la position basse. La vitesse est monté à 380 km/h. Je n'ai trouvé personne dont le poste de radio mais j'ai constaté que la porte de l'entrée principale était absent.

Je suis revenu à la soute à bombes et j'ai sauté. Il était 14h30. Avant de quitter le cockpit j'ai détruit le transpondeur (1). Je crois que le viseur d’objectif (2) a été jeté dans l’océan.

(1) Appareil encore secret à cette époque, Permettant de distinguer à distance les avions ennemis des avions amis.
(2) Viseur Norden, secret lui aussi. 

L'arrivée au sol

Tout les équipages est arrivé au sol sain et sauf

Le sergent Blakemore, qui a sauté le premier, a atterri à Lestiala (entre Plomeur et Beuzec) et échappé aux poursuites. Le Lieutenant Simmons, copilote, qui a été l’avant-dernier à quitter l'appareil, s'est posé au voisinage de Kergroes (sur la route de Tronoan après Kergroes). On connaît, hélas, son triste sort : Déjà blessé au visage par les éclats du pare-brise arraché par l’hélice du moteur numéro trois quand elle s'est détachée, il est finalement assassiné au sol. Les autres membres de l'équipage, hormis le pilote, ce sont donc disséminés entre Lestiala et Kergroes, dans une zone où la densité allemande était forte et les caches très rares. Aussi ont-ils été très rapidement rejoints par les allemands lancés à leurs trousses.

Toutefois, le radio Perry, n'a été appréhendé qu'une heure après s'être posé, mais il n'a pas eu la chance de trouver l'aide immédiate qui aurait pu le sauver.

Le capitaine Ryan, a quitté l’appareil alors qu'il voulait encore à 350 km/h environ et à une altitude relativement basse ce qui lui a valu un atterrissage très brutal à Lanluriec, derrière l'atelier de menuiserie de Monsieur le Floch. Le choc sur son épaule déjà blessée à l’ouverture de son parachute, lui a fait perdre connaissance mais il a aussitôt profité de l'aide intelligente et efficace de la population locale : Madame le Floch qui se trouvait au voisinage de son point de chute a aussitôt prévenu les ouvriers de l'atelier et les voisins qui l'ont aidé à se défaire de son harnais, ont enterré son parachute et bien orientée sa fuite (1). Cela l’a sauvé.

Dans son ouvrage les clandestins de L’Iroise monsieur Pichavant raconte la saga de Blackmore :
Glenn Blackmore, le mécanicien de 23 ans et d'une stature impressionnante, Est tombé dans un taillie, à courte distance de la ferme de Lestilia, entre Plomeur et le hameau de Beuzec Cap Caval. Il se débarrasse du parachute, l'enfonce en boule dans un trou de lapin et se cache parmi le colza déjà haut, presque en fleurs, à une cinquantaine de mètres de la maison. Le maître des lieux Jean Credoux, sa femme et sa fille se précipitent, le moment d'émotion passé. Il est difficile de se comprendre tout de suite quand on ne parlent pas la même langue… le cousin Sébastien Le Bihan, demeurer dans la maison, leur crie de revenir d’urgence : «  Les boches ! » … les premiers arrivent 20 minutes après l’atterrissage.

La mort du lieutenant Simmons

Les informations ci-dessous sont extraites d’un rapport cosigné par John L. Ryan le 24 octobre 1945 :
L’avion B17 AAF 42-5130 dont le soussigné était le pilote a été touché par la DCA ennemie le 6 mars 1943 au-dessus de Lorient en France. L’avion s’est écrasé dans l’ouest de la Bretagne, à environ 15 kilomètres de Pont L’Abbé après que la totalité des dix hommes d’équipage aient sauté en parachute. Tous les membres de l’équipage ont été faits prisonnier par les allemands à l’exception du pilote le Major J.L. Ryan et du copilote le Lieutenant Simmons. Parmi les membres d’équipage : le 1st Lieutenant Robert B. Herman maintenant libéré de ses obligations militaires, 1st Lieutenant James Laine, S/Sergent Glen Blakemore et le S/Sergent Forrester maintenant libéré de ses obligations militaires.
Le lieutenant Gerald L Simmons, matricule O-661879 s’est fait tirer dessus le 6 mars 1943 vers 14h45 à cinq reprises à l’arrière de la tête par un sergent allemand alors qu’il tentait de s’échapper peu après avoir touché le sol. Il a été enterré le 7 mars 1943 dans le cimetière de l’église catholique de St Jean Trolimon, Finistère. L’information provient de français qui ont été témoins de sa mort et de son enterrement et peut être considérée comme parfaitement fiable. Des photos de la tombe sont actuellement en possession du Major JL Ryan qui les a reçues d’un jeune français, Noël Arhan qui a été abattu par les allemands à Paris en novembre 1944. 


Dans une lettre récemment reçue par le Major John L Ryan, Mademoiselle Clémence Barbarin mentionne le fait que l’information ci-dessous concernant la mort du Lieutenant a été rapportée en septembre 1945 au Capitaine Clarence Olsen de l’armée américaine qui enquêtait sur les atrocités. Un rapport disant que le sergent allemand qui a abattu le Lieutenant Simmons était passé en cours martiale et envoyé en Russie était joint à la lettre. »

La fuite du sergent mécanicien Blakemore

Quand Raymond, le fils, rentré de l'école, il y a des Allemands plein la cour et ils interrogent son père avec insistance. Il les entend clamer : »Amérika Amérika ». Le brave paysan n'a rien vu de tel ! rien. Il le leur assure, il le leur répète.
Les Felgrauds ont fouillé toutes les pièces, ouvert toutes les armoires : aucune trace ! Ils marchent dans le colza à 3 m du fugitif, les yeux braqués sur la haie qui délimite la parcelle, et s'en vont voir ailleurs.
Le premier jour le Yankee ne quitte pas son champ. Raymond lui apporte la nourriture et le gentil « externe » lui tend ses longs bras, le soulève, l'aide de la sorte à franchir le ruisseau sans se mouiller. Par la suite, on s’enhardit, on l’invite le soir a table. Le garçon de 14 ans va le chercher au crépuscule et il dort dans le tas de paille. Le gros chien de la ferme, libéré de sa chaîne, Préviendrait si quelqu'un approchait la nuit. Avant que le jour se lève, le patron prépare le petit déjeuner. Mais qu'en faire !? Il est là depuis deux jours. Un avis paru dans les journaux est placardé au mur, il annonce : 
« toute personne de sexe masculin qui aiderait directement ou un directement les équipages d'avions ennemis descendus en parachute, ou ayant fait un atterrissage forcé, favoriseraient leur fuite, les cacherait ou leur viendrait en aide de quelque façon que ce soit, sera fusillé sur-le-champ. 
 

Les femmes qui seraient coupables des mêmes délits seront envoyées dans les camps de concentration en Allemagne »

La situation ne peut pas durer. Jean Crédou consulte, à Pont-l’Abbé, son vieil ami de guerre 14 18, Sébastien Volant qui, grand blessé à Verdun, s'était réveillé une semaine plus tard dans un lit d'hôpital au Allemagne. 


Fichier 3

Il sait quelques mots d'anglais et cela aiderait. Son dépôt de vins et spiritueux avoisine la gendarmerie. Le négociant s'ouvre de la conjoncture à l’adjudant-chef qui lui semble de bons conseils. C'est ainsi que son fils Jean, après une visite vaine à la pharmacie Lavalou (1) au Guilvinec, établit le contact avec Noël Arhan(2) de Loctudy.

Le jeune homme ne tergiverse pas. Il presse le père Bastien de le conduire à la ferme de Plomeur. 

  Il s'est muni d'un pantalon et d'une veste civile que le parachuté en file dans le champ même, abandonnant ses bottes jaunes et sa combinaison de vol. Il lui tend la bicyclette qu'il a placée avec la sienne dans la camionnette. Pierre Dréau arrive à son tour sur sa vieille bécane. Le gendarme Jaffray est déjà là. Il sert d'éclaireur et Glenn, pédalant comme un placide promeneur, entre Noël et Pierre, va partager plus tard à l'hôtel la chambre de son pilote, le capitaine Ryan.Plus tard il sera confiée aux demoiselles Barbarin à Pont-Aven et plus tard encore, escorté par Noël Arhan et le chef de la brigade de gendarmerie de Rosporden Robert Ricco qui avait constitué une antenne du réseau « Castille », André Sprauel, le garagiste, le conduira en octobre chez Eugène Guénot, épicier en gros à Quimperlé (il disparaîtra avec toute sa famille en déportation). Il aboutira finalement dans la maison le Guennec à Quimper. Il sera découvert par les Allemand 10 mois après son parachutage forcé à l'occasion d'une rafle.
Cette rafle avait été déclenchée après une action de résistance locale qui avait eu pour résultat principale la destruction des registres récapitulant tous les jeunes astreints au service du travail obligatoire en Allemagne. Blakemore finira la guerre au stalag LUFT 4 où se trouvait déjà le sergent radio Perry.

(1) Jean Lavalou le pharmacien, membre du réseau « Johnny » était parti de Concarneau le 28 novembre 1941 sur le « Veach Vad »
(2) Sa mère y tenait un hôtel ; il avait 19 ans et sera responsable de la zone Quimper-Carhaix de la confrérie Notre-Dame, il aurait été tué parler Allemand à Paris en 1944.

Le retour vers l'Angleterre du capitaine Ryan


Le capitaine Ryan dans son rapport d’évasion (imposé à tous les évadés à leur retour en Angleterre) fait un point détaillé de son périple :

John RyanLorsque le parachute s'est ouvert mon bras a été happé par la sangle principale est retourné par-dessus mes épaules. Comme j'ai sauté à basse altitude, j'ai atterri brutalement sur mon épaule, et me suis évanoui. J'ai touché le sol dans une voiture à 3 m d'une route et 1,5 km de St Jean Trolimon. Il est avait une quarantaine de français autour de moi quand j'ai repris connaissance. Une femme m'a aidé à me défaire de mon parachute. J'ai demandé où étaient les allemands on m'a répondu qu'ils étaient en ville. Tout de suite on m'a indiqué la direction dans laquelle je devais fuir. Les Français ont enterré mon parachute.
J'étais dans une petite vallée et commencer à courir vers l'ouest. Quand je suis arrivé à un ruisselet, j'ai marché dans l’eau pendant une heure avant de m'arrêter. J'ai pris un cachet de Benzédrine, j'ai rempli ma bouteille d’eau et continué à marcher jusqu'à 17h50. Pour me cacher j'ai trouvé un buisson dans le coin d'un champ et je m’y suis dissimulé. Je suis resté caché la jusqu'à 21 heures. Après avoir mangé du chocolat et des tablettes de lait malté et avoir bu la majeure partie de ma bouteille d’eau, j'ai marché 300 m environ vers une ferme. J'ai abordé un un homme et 1 garçon dans une grange et je leur ai dit qui j’étais. Ils m'ont donné du lait, du pain, du beurre, et m’on appris que les allemands avaient capturé 7 de mes équipiers et qu'un autre était mort. Je n'ai pas demandé à être aidé ici cela me semblait trop près de l’aire de recherche.
Emmène dans de ma boussole, je marchais vers le sud-ouest jusqu'à 0h30. Lorsque j'ai aperçu l'océan j'ai obliqué vers le nord. Enfin j'ai trouvé un tas de paille mais mon épaule douloureuse ne me permettait pas de monter dessus et j'ai dormi à son pied. Quand je me suis réveillé j'étais fiévreux.
À sept heures je me suis rendu à la maison d'habitation. Il y avait là un un français et 1 garçon de 13 ans. Après leur avoir parlé ils m'ont donné du café, du pain, de la soupe. Il me donnèrent aussi du cake et du pain à emporter. Après avoir profiter de leur feu pendant une heure je repris ma route vers le nord en longeant les haies. À 12 heures ayant trouvé un champ avec des buissons, je me suis fait un lit au soleil pour me réchauffer, j'ai mangé du pain et du chocolat et je me suis endormi.
Vers 13 heures à français m'a réveillé ; je portais encore mon uniforme; il ma demandé qui j'étais. Quand je lui ai dit que j'étais un parachutiste américain il s'est montré très amical. Avec son couteau il a coupé mon insigne et il m'a demandé de rester caché là où j'étais jusqu'à ce qu'ils reviennent après le repas.
Une heure après il était de retour avec un ami et de la nourriture (du vin, un bol de ragoût, cinq oeufs frais, du pain et du beurre) il rester avec moi à peu près 30 minutes mais avant de partir il me dire qu'ils reviendraient ce soir et me cacheraient dans leur étable. Ils furent de retour à 21 heures ; nous nous sommes rendus dans leur étable et ils ont déclaré qu'ils pensaient pouvoir m’aider. À 0h30 ils m'ont réveillé pour me dire que des amis était avec eux. Ces amis étaient deux hommes qui m'apportaient des vêtements civils et une paire de sabots de bois ; je donnais les photos de mon passeport alors d’entre eux qui allait essayer de m'obtenir une carte d'identité. Après leur départ j'ai dormi jusqu'à 5h30 quand le fermier est venu me demander de me cacher dans le champ pour la journée. À 21 heures l'ami qui tentait de me faire fabriquer une carte d'identité est revenu décourager. Son intervention avait été vaine. Il m'a rendu mes photos et après avoir mangé Il m’a dit que la démarche avait pu éveiller des soupçons et qu'il serait plus prudent que j'aille plus loin pour chercher de l’aide.
À minuit je suis parti vers le nord-est, j'ai marché jusqu'à midi avant de m'arrêter pour un long repos. J'avais perdu ma bouteille d’eau dans un buisson. Alors que je fumais dans le coin d'un champ, deux françaises sont arrivés avec leurs vaches et ont pris la fuite dès qu'elles m'ont aperçu. Je m'éloignais en marchant rapidement quand les deux femmes sont venues vers moi accompagné d'un homme. Ils m'ont demandé mon identité et m’ont aussitôt invité à manger chez eux. Tous leurs voisins sont venus me voir. Le médecin qui a été appelé n'a pas pu venir car il n'avait plus d'essence. Je suis resté là toute l'après-midi et j'ai dormi dans l’étable.

Un des amis qui est venu a dit qu'il pensait connaître quelqu'un qui pourrait m'aider. À 13 heures à un ouvrier agricole m'a accompagné pendant 5 km jusqu'à un bois ou nous avons rencontré son ami. Il m'a emmenée à 3 km à l'intérieur de la forêt et j'ai attendu pendant qu'il allait discuter avec la personne qui pouvait m'aider. 30 minutes après ils sont revenus.

On a discuté quelques minutes et mon voyage a été organisé. L'homme qui est venu me voir dans les bois avait été représentant de l'IBM à Paris. Il parlait bien l'anglais. Il est revenu avec deux jeunes hommes : Noël Arhan et Émile Méhu qui était le fils du maire de Plomeur. Nous avons parlé. Les deux jeunes m'ont dit que Arhan allait venir me chercher à 21 heures en voiture. Il est venu et nous sommes partis à Loctudy. A Loctudy, j'ai été hébergé dans un hôtel appartenant à la mère de Arhan. J'ai rencontré Blackmoore dans l'hôtel. Je suis resté là pendant deux semaines jusqu'au 23. Un docteur de Pont-l’Abbé est venu me voir trois fois, mais il ne pouvait pas faire grand-chose. Ils se sont organisés pour nous transférer à Pont -Aven

 

Lorsque Monsieur Thieubaud, Le chef, est revenu nous avons été conduit en voiture à Pont-Aven nous nous avons été hébergés chez Madame Clémence Barbarin. Nous sommes restés là jusqu'au 5 avril, jour où je suis parti avec le chef vers une ferme située à 6 km de Pont-Aven. 

Fichier 4

 

 le mardi 6, nous avons quitter la ferme à 18 heures, marcher 3 km à travers champs, et rejoint la voiture qui nous attendait sur la route principale. Nous avons rejoint la gare de Rosporden et pris le train ensemble pour Paris dans un compartiment de première classe. 

 

À Nantes, nous sommes restés bloqués deux heures par une alerte et sommes arrivés à la gare Montparnasse le mercredi à neuf heures. Nous avons pris un café et le chef m'a emmené chez Madame Montel où nous sommes restés jusqu'à 15 heures. Une femme est venue me prendre et me conduire à l'appartement de Madame Jacqueline Richet. Elle travaille pour la Croix-Rouge et s'occupe des prisonniers en Allemagne.

Le lendemain jeudi, un autre agent est venu me voir et nous nous sommes promener en ville. Il parle anglais et m'a montré plusieurs bâtiments intéressants. J'étais en civil. Je suis resté là pendant une semaine et ensuite nous avons pris le train à Saint Lazare. Nos papiers n'ont pas été contrôlés. Nous avons changé de train à Pont-de-L’Arche pour Lyons-la-Forêt. De là, à bicyclette, nous nous sommes rendus à Fleury-la-Forêt. La nuit suivante nous avons rejoint un champ À 15 km à l'est et nous avons décollé à une heure du matin pour l’Angleterre.
Ceci s'est passé dans la nuit du 15 au 16 avril 1943

Résumé

Hermann MiniL’US Air Force faisait de très gros effort pour récupérer ses pilotes toutes les fois que c'était possible car si les forteresses volantes sortaient des chaînes de montage à cadence accélérée (190 par mois) la formation d'un pilote de bombardier durait au moins un an. Seulement 40 jours après son décollage de Thurleigh le 6 mars 1943, le capitaine Ryan était de retour en Angleterre, mais avec une épaule fracturée qu'il a fallu traiter chirurgicalement.

Le Lieutenant Hermann, Navigateur, et le Lieutenant Laine, Bombardier, ont été dirigés après leurs captures vers le stalag Luft 3 situé à Sagan, actuellement en Pologne. Il s'agit du fameux camp où s'est passé « la grande évasion » en septembre 1943 : 76 pilotes avaient réussi à s'évader par un tunnel souterrain de 111 m de long et 10 m de profondeur. Mais 73 repris et 50 fusillés sur ordre d'Hitler. Le camp fut libéré par l'Armée Rouge en avril 1944

Le sergent radio Charles Perry, a connu un autre genre d'aventure. Dès qu'il a été fait prisonnier, il a été dirigé vers un stalag situé en Prusse orientale

Le sergent mécanicien Blakemore l’y a rejoint 10 mois après.

En décembre 1944 devant l'avance irrésistible de l’Armée Rouge vers l'ouest, Il a bien fallu évacuer les camps de détention. Les prisonniers ont alors vécu « la Marche Noire » : regroupés en paquet de 200 environ, encadrés par des gardiens dépourvus de tout moyen, ils sont partis vers l'ouest dans un complet dénuement et par un des pires hivers enregistrés. Parcourant à pieds des étapes successives de 30 km par jour environ, Perry et ses compagnons ont ainsi vécu sur la route pendant 87 jours, se déplaçant en fonction de la progression de l'armée rouge, dormant dans les granges ou les abris précaires, échangeant avec les paysans locaux montre, bague, bijou, stylo, contre de quoi manger, ils ont traversé l'Allemagne d'Est en Ouest, les survivants rejoindrons un nouveau camp de prisonniers en Bavière (Dachau). L'armée américaine les a libérés le 29 avril 1945.

couvertureafnewspmPour en savoir plus :

- Le magazine AF News au format pdf, avec Maureen en couverture ( photo ci-contre)
Sweet Pea. L'histoire complète au format PDF (2Mo)
- Le rapport complet d'évasion du capitaine Ryan ( Fichier PDF 8 Mo)
- B17 Bomber Flying Fortress . The Queen Of The Skies
- l'Américain Air Muséum

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Marcel Buhannic retrace ici l'histoire de l’équipage du bombardier « Sweet pea », une forteresse volante américaine tombée quelque part au large de St-Jean Trolimon le 6 mars 1943, lors de son retour d'une mission de bombardement de la base sous-marine de Lorient. Depuis la chute du bombardier jusqu'au retour en Angleterre du capitaine Ryan, 40 jours après le crash, Marcel Buhannic détaille l'aventure hors du commun de ces américains perdus sur le sol français. La plupart seront capturés, un des membres de l'équipage sera froidement abattu dès son arrivée au sol. Seul Ryan, le capitaine, parviendra à regagner l'Angleterre...

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